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La gestion des Aires Protégées par l'ANGAP
dans le cadre de l'exécution de la
Composante Aires Protégées et Ecotourisme (CAPE)
du PE-2
.. LES ACQUIS DU PROGRAMME AIRES PROTEGEES
La stratégie de la
première tranche du PAE (1991-1995) s'était appuyée sur les principes directeurs
suivants: mise en place d'un cadre institutionnel innovatif et souple; adoption d'un
rythme progressif de réalisation; mise en place de système de suivi, d'évaluation et de
gestion de données comme outil de gestion de programme; réforme de politique et
élaboration politiques sectorielles.
La réalisation de la composante dans sa version programme
"Aires Protégées" repose sur deux hypothèses à prouver à savoir:
- Si les populations
riveraines aux AP se rendent compte que leur bien-être et leur développement sont liés
à l'existence des AP, elles pourraient se transformer en partenaires de conservation.
- La privatisation de la
gestion opérationnelle des AP se traduirait par une grande souplesse et faciliterait la
mobilisation de fonds pour le Programme AP.
Le Programme AP a franchi des étapes significatives dans
la mise en oeuvre de cette stratégie et la démonstration des hypothèses dans les
domaines de montage institutionnel, d'approche méthodologique, d'organisation et dans ses
propres activités.
Organisation
et montage institutionnel
Quelques points de référence:
- Institutionnalisation officielle ANGAP
(22/11/90)
- Accord d'Exécution MPAEF/ANGAP : 27/12/90
- Transfert à l'ANGAP de la perception et gestion des droits
d'entrée dans les AP (Décret interministériel No 91-593 du 04/12/91)
- Statut d'utilité publique de l'ANGAP (décret
interministériel No 91-592 du 04/12/91).
Le Conseil d'Administration de l'ANGAP, instance de prise de décisions sur la
stratégie et l'orientation présente quelques aspects originaux. En effet, tout en étant
une association, l'ANGAP à travers son Conseil d'Administration réflète la synergie du
secteur public et privé. Cette coexistence a inspiré quelques inquiétudes au début
mais l'évolution de cette instance de l'ANGAP a permis de réaliser une complémentarité
de compétence.
L'ANGAP, en tant qu'association, comptait 18 membres au début: ce
chiffre est de 26 actuellement. Les membres sont essentiellement des ONG, Universités
internationales et nationales. A travers ses membres - associés, l'ANGAP s'est ménagée
une ouverture sur les compétences internationales et nationales en matière de gestion de
la biodiversité.
L'ANGAP a confié à des opérateurs privés la gestion opérationnelle des PCDI
avec lesquels elle conclut de contrat. Les opérateurs sont des Institutions qui jouissent
d'une réputation de bonne aloi en matière de conservation de la biodiversité ou de
développement communautaire. Des ONG nationaux ont été appuyés aussi pour figurer
parmi ces Institutions internationales. Signalons que les AP demeurent des domaines de
l'Etat nonobstant cette privatisation opérationnelle. Cette "privatisation
opérationnelle" a été très instructive pour la conduite du PAP au cours du PE-1.
Des structures de concertation ont été mises en place
pour permettre des réflexions et des échanges et où siègent l'ANGAP, la Direction des
Eaux et Forêts (DEF), les opérateurs, les bailleurs de fonds. Sur terrain, des comités
de programmation associent les communautés riveraines au niveau de plusieurs sites.
Chaque PCDI a été doté d'un Conseil
d'Administration ou Comité Administratif présidé par l'ANGAP et auquel fait partie la
DEF en tant qu'organe de supervision du programme .
Au niveau des services décentralisés, la DEF intervient dans le programme dans la
gestion des contentieux forestiers qui ont lieu dans les PCDI.
La DEF est la seule autorité compétente pour les changements de statut, mais
l'ANGAP apporte son appui sous forme de proposition technique.
Acquis
sur l'approche méthodologique
La stratégie globale du PAE et l'hypothèse à
prouver ont donné forme au concept de la Conservation et Développement Intégrés dont
le PAP a été le premier à appliquer en grandeur opérationnelle. Les AP ont été ainsi
gérées dans le cadre des PCDI, une approche qui a été adoptée dans d'autres pays
d'Afrique qui ont établi leur Plan National Environnemental. Cette démarche
méthodologique, compliquée dans sa réalisation pourrait être appliquée et adoptée au
niveau d'autres projets liés à la gestion de l'environnement à Madagascar, à moins que
ce ne soit déjà le cas. Une approche analytique inédite de pressions sur les AP et
recherche d'alternative a été initiée et mise en oeuvre au cours du PE-1.
La diminution des pressions sur les Aires
Protégées s'appuie sur la participation effective et volontaire des populations
riveraines dans les actions de conservation et de développement. Les actions de la
composante ont été présentées aux communautés riveraines sous l'angle de bénéfices
que sous celui des contraintes. Des activités "à caractère social" ou
"porte d'entrée" (écoles, pharmacies communautaires, centre
d'approvisionnement, ...) qui ne présentent pas toujours des liens évidents avec la
conservation, ont été menées pour établir un climat de confiance et l'adhésion des
populations concernées.
La recherche des "ressources
additionnelles" pour pérenniser le programme et intégrer les communautés
riveraines aux AP a permis à l'ANGAP de lancer quelques actions dont le développement
n'est pas contraire aux principes d'une saine conservation des écosystèmes. Entre
autres, citons l'écotourisme, un produit nouveau mais prometteur qui aura très
certainement des retombées bénéfiques à tous les niveaux (national, régional et
local). Des plans d'actions avec priorisation des sites ont été établis au cours du
PE-1, et ont connu un début de réalisation.
Pour la première fois dans la gestion de notre
biodiversité à Madagascar, on a parlé de suivi écologique. L'ANGAP, durant le PE-1, en
collaboration avec d'autres Institutions (ONG internationales, Universités et
Institutions de recherche nationales) a jeté la base de ce suivi écologique à appliquer
au niveau de nos AP, surtout celles retenues pour le développement écotouristique.
Délibérémment, l'ANGAP s'est amputée de 50%
de ses recettes de droits d'entrée dans les AP pour financer des micro-projets
profitables directement aux paysans riverains. Stratégiquement, cette option contribuera
à infléchir dans un sens positif la perception que se font les populations de ces AP.
Acquis sur le plan organisationnel et stratégique
Diverses organisations et outils de gestion ont été mis au point depuis
1992 et tendant à une meilleure coordination du programme. Citons entre autres:
- plan de gestion des parcs et réserves,
- plan annuel de travail et système de suivi-évaluation,
- typologie de conservation,
- différents textes référentiels d'élaboration et d'analyse
des PCDI.
L'ANGAP a été l'animateur de réflexions sur les occupations
humaines des AP qui ont abouti sur la déclaration de Majunga. Elle a mis en oeuvre des
actions pilotes sur la gestion locale des ressources renouvelables en collaboration avec
Conservation International (Zahamena). Cette initiative est appelée à se développer
actuellement au cours du PE-2. Ce sont là des étapes stratégiques significatives
franchies.
En organisant les classes vertes au niveau des AP,
l'ANGAP a apporté une part importante dans le développement de l'éducation
environnementale et de la sensibilisation.
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