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La gestion des Aires Protégées par l'ANGAP
 dans le cadre de l'exécution de la
 Composante Aires Protégées et Ecotourisme (CAPE) du PE-2

( .. CONTEXTE )


       La place du Programme Aires Protégées (PAP) dans la gestion de la biodiversité

     Comment situer le PAP dans de tels contextes et que pourrait-il apporter dans la résorption de cette problématique de dégradation de la biodiversité?
     Le PAP contribue à cinq niveaux dans le processus de résolution des problèmes y afférents:
      - niveau statut de gestion,
      - niveau économique,
      - niveau de structure institutionnelle de mise en oeuvre,
      - niveau approche méthodologique,
      - niveau vision à long terme.

            Les AP se retrouvent dans l'un des trois statuts suivants: Réserve Naturelle Intégrée (RNI), Parc National (PN) et Réserve Spéciale (RS). Ces statuts, sur le plan formel, mettent ces écosystèmes naturels à l'abri de pressions notamment anthropiques. Malgré des imperfections dans la gestion, il faut reconnaître que la conservation de la biodiversité a été meilleure au niveau des AP. Une comparaison visuelle dans ce sens est édifiante avec le reste des écosystèmes forestiers environnants. A titre indicatif, citons Lokobe (RNI), Andasibe-Mantadia (PN), Ankarafantsika (RNI)...
            Avec le développement opérationnel de la plupart des AP, le nouveau message de conservation y a été assez facile à passer par rapport aux autres écosystèmes.

            Du fait de cette situation relativement stable par rapport aux pressions, le cycle écologique a été maintenu, permettant ainsi la conservation d'une plus riche diversité biologique. Des études comparatives qui ont été menées au niveau des sites AP et sites ouverts à l'exploitation ont nettement prouvé une plus riche représentativité de la biodiversité au niveau des premiers. Ce n'est pas par hasard que dans beaucoup de pays, conservation de la biodiversité se confond avec le système de parcs nationaux et réserves. Dans les milieux forestiers naturels modifiés, du fait de leur ouverture aux prélèvements légaux sous diverses formes (exploitation forestière, chasse...), la biodiversité perd son originalité. Bien que ne représentant qu'environ 12% de la superficie des écosystèmes forestiers naturels, le réseau AP, du fait de son statut qui interdit le prélèvement de specimens, représente un pourcentage élevé des espèces floristiques et faunistiques de notre biodiversité.

            Sur le plan économique, les fonctions écologiques des AP sont indiscutables. En compulsant les dossiers de création de la plupart d'entre elles, on réalise que l'un des critères déterminants était leurs rôles stratégiques comme éléments régulateurs de ressources en eau, de maintien de fertilité de sols et de lutte contre l'érosion. Notons que dans certaines régions de Madagascar, l'érosion atteint jusqu'à 400t /ha /an de terre arable transportée (zones défrichées) alors que 10t /ha /an serait le seuil "tolérable" ... A titre indicatif, les AP d'Andringitra, d'Andohahela ... irriguent des régions entières à partir de leurs cours d'eau. Les 3000 ha d'Andapa et l'immense plaine de Marovoay (18.000 ha aménagés) se verront en grande partie transformés en plaine de sable sans les AP de Marojejy-Anjanaharibe Ankarafantsika. Une étude estimative situe à quelques millions le nombre de bénéficiaires de fonctions écologiques des AP.
            Aux Montagnes d'Ambre (PN), des défrichements répétés ont eu des impacts sur le tarissement des sources (une dizaine au cours de ces deux dernières décennies).

            A travers la mise en place de l'ANGAP, une approche innovatrice du point de vue institutionnel a été mise en oeuvre. Le PAP a évolué au cours de la phase-I dans le contexte du désengagement de l'Etat comme le préconise la Charte de l'Environnement. Le montage institutionnel pour assurer la gestion des AP donne de grandes possibilités de développement suite à ses caractéristiques de "privé" et de par la présence au sein de l'ANGAP de Départements pouvant faire figure de centre d'excellence (organisation, approche).

            Le concept de Conservation-Développement Intégré mis en oeuvre à travers les PCDI est une réponse aux différents aspects de la problématique de gestion de notre biodiversité. Il permet, à terme, de solutionner la dégradation par l'intégration des populations riveraines en les transformant progressivement en partenaires de la conservation.

            Le PAP s'est fixé une vision à long terme qui répond aux critères de pérennisation et de viabilité. Non seulement, cette vision rendrait la gestion de la biodiversité au niveau des AP quasi-autonome sur le plan financier (valorisation à travers l'écotourisme...) mais l'approche et l'organisation technique fera de nos AP une partie de notre biodiversité la mieux conservée et une source de fierté nationale.

            De par le caractère innovateur de son approche, la technologie de pointe qu'elle applique et ses relations de partenariat ou d'échanges avec des Institutions internationales et étrangères compétentes versées dans la gestion de la biodiversité et de la gestion des parcs nationaux, l'ANGAP a de grandes possibilités d'être un vecteur d'idées nouvelles à Madagascar dans les domaines sus-mentionnés.


       Rappel de la politique de gestion de la biodiversité
 

            La gestion de notre biodiversité évolue dans la mouvance de la politique internationale en la matière. La conférence de Stockholm (1972) a donné le ton de la vision biosphère, c'est-à-dire de considérer l'homme comme pivot de cette conservation. La stratégie mondiale de conservation (PNUE-WWF-UICN) en 1984 et la Convention de Rio (1992) que Madagascar vient de ratifier ont confirmé cette stratégie mondiale de gestion "intégrée" de la biodiversité.

            En écho à cette évolution internationale du concept de conservation de la biodiversité, Madagascar s'est doté en 1984 de sa "stratégie nationale de conservation et de développement durable". La volonté politique du pays pour disposer d'une biodiversité bien conservée et répondant à ses aspirations a été développée depuis l'élaboration et la mise en oeuvre du PAE. "Réconcilier l'homme malagasy avec son environnement " traduit la philosophie de base de cette politique. La Charte de l'Environnement préconise diverses dispositions légales, institutionnelles et une approche pour une gestion durable de cette biodiversité.


   

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