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Faisant
partie du Réseau National d'Aires Protégées, la Réserve
Spéciale de Cap Sainte Marie, vaste de 17 ,5 km², et située
tout au sud de la Grande Ile, dans la région de l'Androy, représente
un lieu à vocation touristique. Elle termine la pointe sud du Plateau
Mahafaly Karimbola, long de 410 km du nord au sud et 60 km de large. Classée
Réserve Spéciale en 1962, elle est caractérisée
par sa faune et sa flore uniques et fragiles, méritant une protection
particulière.
La Réserve est située sur un plateau calcaire d'une altitude
moyenne de 100m. Le sol est fortement sableux. Des falaises maritmes de
plus de 140 m font offices de barrières naturelles au Sud et à
l'Ouest de la Réserve.
La région est fortement marquée par la secheresse qui se
reflète par l'inexistence de cours d'eau ou autres fleuves.
La température moyenne annuelle est de 23°C avec un minima
de 19°C.
Baleines.
D'août à novembre, les baleines à bosse accompagnées
de leurs petits, passant dans les eaux malagasy, attirent les visiteurs
à se rendre au Cap Sainte Marie, la pointe extrême sud de
Madagascar.
Petits mammifères.
On peut y observer toute l'année le microcèbe (Microcebus
murinus) la seule espèce nocturne de lémuriens du Parc
Oiseaux.
Curieux ou paléontologues seront attirés par les traces
de l'oiseau éléphant (Aepyornis sp.), une espèce
légendaire, dont la taille atteignait 3 mètres de haut,
et dont l'uf arrivait à contenir 8 litres de volume (7 à
9 fois plus grande qu'un oeuf de poule ou plutôt 30cm x 23cm de
dimension sur ses deux principaux axes). Des oeufs entiers et des fragments
de coquille trouvés dans les dunes de sables de la région
témoignent de leur existence, approximativement 700 ans auparavant.
Leur disparition serait due vraisemblablement à la chasse faite
par l'homme.
Reptiles et amphibiens.
Des caméléons et des geckos y sont au rendez-vous. Mais
cette réserve est aussi le paradis des chercheurs grâce à
la forte endémicité de sa biodiversité. A l'exemple
des deux tortues terrestres que sont le sokatra ou tortue radiée
(Geochelone radiata), ainsi nommé à cause de la structure
rayonnée de sa carapace, et le petit ka pila ou tortue araignée
(Pyxis arach- noides). Elles se rencontrent le long de la bande côtière
du Cap Sainte Marie et s'étend sur l'extrême sud et sud-ouest
de Madagascar. Considérée comme une "espèce-clef
", une espèce. paysage, la tortue radiée joue un rôle
primordial dans la constitution du paysage. En paissant les plantes, elle
ajoute des éléments nutritifs aux sols stériles en
favorisant la germination d graines qui traversent son appareil digestif,
Et la Réserve Spéciale Cap Sainte Marie est un refuge sûr
pour sokatra et le kapila.
Insectes
En collaboration avec WCS, une équipe de chercheurs dirigée
par Brian Fisher du projet CAS, s'est rendue à Cap Sainte Marie
pour y effectuer un inventaire des insectes.
L'équipe est composée de cinq étrangers dont 4 américains
et une écossaise, , accompagnés de 6 malagasy dont un spécialiste
des araignées et 2 spécialistes des termites.
Leur séjour à Cap Sainte Marie a duré 10 jours, du
8 au 18 février 2002. Ils ont travaillé sur les termites,
les papillons et les araignées.
C'est une grande première pour cette Aire Protégée
car presque tous les chercheurs qui s'intéressent à la pointe
Sud de l'Ile sont attirés par la présence des tortues en
grand nombre dans une petite superficie (la Réserve de Cap Sainte
Marie enregistre l'une des plus hautes densités de tortues dans
le monde -plus de 3000 individus au km²) .
Parmi les premiers résultats spectaculaires, les chercheurs ont
montré l'existence de plus de 4 espèces de termites des
forêts humides dans une formation végétale d'une région
semi- aride du Sud. Ils ont trouvé également des espèces
caractéristiques d'une formation végétale non perturbée.
.

Les plantes épineuses
dominées par des espèces endémiques d'Euphorbiaceae
et de Didieraceae caractérisant le Sud aride et rappelant l'Arizona
restent à jamais dans le souvenir de ce qui y passent. Les Pachypodes,
ces baobabs nains, ces bonzaïs dans la nature, ont toujours émerveillé
plus d'un.
Riche en plantes médicinales, la RS Cap Saint~ Marie est reconnue
par la population locale et par les chercheurs comme l'espoir pour l'humanité.
Elle renferme entre autres la fameuse pervenche rose (Catharantus roseus)
utilisée pour guérir la leucémie. De même la
plante qui, selon les autochtones, guérit 120 maladies.

Malgré cette
richesse inouïe la biodiversité, avec toutes ses conséquences
sociales, économiques, écologiques, la Réserve Spéciale
est menacée, Elle reste la proie des feux de brousse et des autres
facteurs déstabilisants. Le sokatra et le kapipy sont mangés,
sont illégalement collectés pour des fins commerciaux ou
sont chassés de leurs habitats pour la conversion de leur espace
vitale en champs agricoles ou pour l'acquisition d'espace cultivable comme
dans beaucoup d'autres régions Madagascar. La richesse naturelle
est utilisée sans souci du lendemain.
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