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La région d'Andringitra est caractérisée
par divers régimes climatiques liés à l'altitude
et à l'orientation des versants.
Sur le versant Est, le climat est
de type tropical humide à forte pluviosité. On y mesure
en moyenne 4000 mm de pluie par an avec un maximum de précipitations
au mois de février. La température moyenne annuelle
est de 21º C.
L'Andringitra centrale, ou on se trouve
la zone touristique du parc, est soumise à un climat tropical
typique des hautes altitudes. Les températures varient de -7°C
à 25 °C. Les températures les plus basses sont enregistrées
aux mois de Juillet et Août. La moyenne pluviométrique
tourne autour de 2.390 millimètres. Le mois de Février
est le mois le plus pluvieux avec une précipitation moyenne
de 830 millimètres. En altitude, le climat peut changer brusquement
et les crachins sont fréquents et imprévisibles.
Vers l'ouest et en altitude, le climat
devient rapidement saisonnier. L'Ouest est défini comme une
région de climat tropical à saison sèche accentuée.
Elle subit un effet de fhn très sensible, bien visible
au niveau de la moyenne annuelle de précipitations de 1300
mm par an. Le maximum correspond au mois de janvier. La température
moyenne est de 24.5º C.
Le
PN d'Andringitra est compris dans un gradient d'altitude allant de
650 à 2658m.
Situé sur un plateau cristallin très
élevé, le Parc National d'Andringitra est constitué
à l'ouest par le gneiss d'Amborompotsy et à l'est par
le granite migmatique. Comprenant une série de dômes
rocheux gigantesques et une chaîne de rochers aux arêtes
étroites , il forme de nombreux pics, parmi lesquels l'impressionnant
Pic Boby (Imarivolanitra), le plus haut sommet accessible à
Madagascar à 2658m d'altitude, et le Pic Bory à 2630m.
Morcelé par d'étroites vallées et de gorges profondes
, le massif granitique comporte également de hauts plateaux
à 2050 m d'altitude dominant les plaines pour faire envoûter
plus d'un dans un voyage panoramique.
Le massif est découpé par des
étroites vallées et gorges, et comporte des plateaux
qui se situent à 2050 m d'altitude, dominant les plaines de
500 m de dénivellation. Un système hydrologique très
important prend naissance dans le massif et génère en
aval des importantes rivières telles que Zomandao (affluent
de la Mangoky), Menarahaka et Iantara (affluents de la Manampatrana).
Comme le parc se situe dans la zone de partage des eaux des bassins
versants Est et Ouest de Madagascar, nombreux sont les villages qui
dépendent des cours d'eau sortant du massif.
Les communautés de plantes du PN d'Andringitra
sont exceptionnelles dans la mesure où elles couvrent trois
distinctes zones floristiques : 1) le Domaine de l'Est, ou forêt
humide de basse altitude, 2) le Domaine du Centre, ou forêt
de montagne, qui se réfère aussi à la forêt
de moyenne altitude, et 3) le Domaine des Hautes Montagnes, ou flore
rabougrie et végétation ouverte de montagne (Humbert
1955). A l'instar d'autres aires protégées montagnardes
de Madagascar, comme le PN de Marojejy et la RNI de Tsaratanana, Andringitra
possède un particulier assemblage de flore, très riche
en espèces endémiques
.

La grande variété de types de végétation
rencontrés au sein du massif de l'Andringitra a généré
une profusion d'habitats et de microhabitats qui abritent une faune
de grande richesse. A l'issue des différents inventaires conduits
dans le parc, 106 espèces d'oiseaux, 16 espèces d'insectivores,
11 espèces de rongeurs dont deux introduites, 13 espèces
de lémuriens comprenant Varecia variegata, 57 espèces
d'amphibiens et 35 espèces de reptiles sont documentées.
L'inventaire des carnivores est incomplet mais 8 espèces parmi
lesquelles 3 sont introduites sont enregistrées. Au total,
48 différentes espèces de mammifères non-volants
(rongeurs, insectivores, carnivores et primates) existent dans le
parc, parmi lesquelles 43 (90 %) sont endémiques de Madagascar.
Ainsi, le PN d'Andringitra renferme environ 50 % des espèces
de mammifères non-volants connus à Madagascar. En effet,
environ 88 espèces endémiques appartenant à ce
groupe existent à Madagascar. Le PN d'Andringitra, relativement
restreint, joue un rôle important dans la préservation
d'une large portion de mammifères de Madagascar.
Compte tenu de l'exceptionnelle
variation des habitats naturels que l'on rencontre au sein du parc
en fonction de l'altitude, il constitue ainsi un excellent site pour
comprendre la distribution d'un large groupe d'organismes, liée
au gradient altitudinal. Plusieurs travaux d'inventaire conduits dans
le parc se sont orientés vers cette analyse. A la base des
travaux de recherche publiés par Lewis et al. (1996), Raxworthy
& Nussbaum (1996), et Goodman & Rasolonandrasana (2001), la
richesse spécifique des oiseaux la plus élevée
est de 85 espèces dans la forêt perturbée de basse
altitude à 700 m et il y a une réduction progressive
des espèces au fur et à mesure que l'on monte en altitude
(Goodman & Rasolonandrasana 2001). C'est aussi le cas pour les
lémuriens. Les deux zones à 1210 m et 1625 m (forêt
de montagne et forêt sclérophylle) renferme le nombre
le plus élevé d'espèces de mammifères
non volants, avec 26 espèces (25 endémiques). Pour les
micromammifères, la diversité spécifique la plus
élevée est rencontrée à 1990 m avec 11
espèces, et entre 1625 et 1960 m pour les rongeurs endémiques,
avec 7 espèces. Pour les amphibiens, la diversité spécifique
la plus élevée se rencontre à 810 m d'altitude
avec 36 espèces et la plus faible à 2075 m avec seulement
5 espèces. La diversité spécifique des reptiles
est la plus élevée à 720 m avec 17 espèces
et elle devient de plus en plus faible au fur et à mesure que
l'on monte en altitude : 4 espèces à 1625 m (Raxworthy
& Nussbaum 1996)
Résumé
de la diversité faunistique
|
Classe
|
Nombre de famille
|
Nombre de genre
|
Nombre d'espèce
|
|
Crustacées
|
3
|
3
|
7
|
|
Insectes
|
21
|
58 genres déterminés
3 genres indéterminés
|
205
|
|
Amphibiens
|
5
|
10
|
55
|
|
Reptiles
|
5
|
11
|
34
|
|
Mammifères
|
14
|
33
|
54
|
|
Oiseaux
|
43
|
83
|
|
| Totaux : |
91
|
201
|
461
|

La flore de la forêt humide de
basse altitude, sur le versant est, à environ 800 m d'altitude
est composée d'arbres émergeant généralement
à contrefort d'une hauteur de 25-30 m et dominée par
Canarium madagascariense (Burseraceae) et Sloanea rhodantha (Elaeocarpaceae).
La zone forestière entre 1000 et 12000 m marque la limite écotonale
entre la zone de basse altitude et celle de montagne du massif. La
forêt humide de montagne à environ 1200 m est caractérisée
par la présence de Podocarpus madagascariensis (Podocarpaceae).
La forêt sclérophylle de montagne à 1625 m, qui
se trouve généralement sur les crêtes, connaît
l'influence des brumes et des couvertures nuageuses et est caractérisée
par une canopée basse (5-10 m) et l'abondance de mousses et
de lichens. Les feuilles sont typiquement petites et coriaces, vraisemblablement
une adaptation pour réduire la transpiration associée
à l'extrême effet du vent et de la température
au niveau des crêtes. Les aires de cette forêt sont dominées
par de denses peuplements de bambous, Arundinaria et Nastus, et une
association de Podocarpus madagascariensis (Podocarpaceae), Weinmannia
(Cunoniaceae), Pandanus (Pandanaceae), et Symphonia (Clusiaceae).
Sur le versant est de la crête
centrale cristalline de la chaîne d'Andringitra, les limites
supérieures de la forêt apparaissent entre 1950 et 2050
m. La forêt se termine brusquement par une mosaïque de
végétation de montagne, de formation ouverte et d'affleurements
rocheux. Les derniers quelques cents mètres avant les sommets
du Pic Bory et du Pic Boby sont largement composés par des
aires de rochers ouvertes, couvertes de lichens et d'une mosaïque
de végétations herbacées et ligneuses. La mousse
Sphagnum et le lichen Cladonia sont aussi communs. La flore de la
zone sommitale est aussi riche en Cyperaceae, Asteraceae (particulièrement
Helichrysum),Velloziaceae(Xerophytadasylirioides), Gramineae (Panicum
cupressifolium), et Restionaceae (Restio madagascariensis) (Goodman
& Lewis, 1996). De plus, plus d'une trentaine d'espèces
d'orchidées terrestres ont été documentées
dans cette zone (Roger, 1996).
Approximativement 1000 espèces
de plantes ont été inventoriées à l'intérieur
du parc. Ce chiffre inclut 184 espèces de ptéridophytes,
parmi lesquelles 38 % sont endémiques de Madagascar. 631 espèces
de dicotyledones, 240 espèces de monocotyledones et 2 espèces
de gymnospermes sont enregistrées dans le parc (Roger, 1996;
Lewis et al., 1996).
Résumé
de la diversité floristique
|
Classe
|
Nombre de famille
|
Nombre de genre
|
Nombre d'espèce
|
|
Pteridophyta
|
24
|
57
|
|
|
Pinopsida (gymnospermes)
|
2
|
1
|
184
|
|
Liliopsida (monocotylédones)
|
19
|
90
|
2240
|
|
Magnoliopsida (dicotylédones)
|
85
|
226 genres déterminés
37 genres indéterminés
|
631
|
| Totaux : |
130
|
411
|
1057
|
|
|

|